Terra Incognita

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2005/06/03

Juin 2005

Juin, enfin

Enfin le beau temps se pointe le nez. Même s'il arrive avec sa panoplie de feux de forêts, je suis heureux de le voir, alibi rationnel pour l'ingestion de bière glacée.

Vacance des professeurs de cégeps. Les 30-50 ans les passent à s'occuper de leur enfants, les autres à trouver ce qu'ils désirent faire/être/avoir et à conjuguer ces verbes selon un temps quelconque.

La chanson "Les étoiles filantes" des Cowboys Fringants me touche particulièrement ces temps-ci. Je vous en reproduis les paroles et j'aimerais vous en lire inspiré.

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Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Dans un bar rue St-Denis
J'te raconterai les souvenirs
Bien gravés dans ma mémoire
De cette époque ou vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j'agaçais les p'tites filles
Pas loin des balançoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor
Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g'lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De la p'tite école et d'la cour de récré?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l'bon temps passe finalement......comme une étoile filante

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas mais on subit
Et que les rêves des ti-culs s'évanouisent ou se refoulent
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bedaine
Les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs
Travailler, faire d'son mieux
En arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux
Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De notre p'tit passage dans se monde éfréné
Apres avoir existé pour gagner du temps
On dira que l'on n'est finalement...des etoiles filantes

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Juste comme ça tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis
C'est qu'avec toi je suis bien
Et que j'ai pu' l'goût de m'en faire
Parce que tsé voir trop loin
C'pas mieux que r'garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu'on perd dans' brume
Et les idéaux qui se cassent
La vie s'accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d'air frais
Qui apaise les coeurs en peine

Ça fait qu si à' soir t'as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps
J'aimerais ça que tu sois pour un moment......mon étoile filante

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester......que des étoiles filantes
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4 Comments:

Blogger Simon said...

Un ange,

C'est ce que j'ai vu aujourd'hui. Un ange.

Une de mes étudiantes. Une fille belle, intelligente (scolairement, 98 % dans mon cours), souriante, gracieuse. Je lui ai demandé de m'aider à améliorer mon cours par des recherches documentaires et lui ai donné rendez-vous à mon bureau cet après-midi pour lui donner les détails.

Elle est arrivée pile à l'heure. Ça faisait trois jours qu'elle passait totalement dehors à planter des arbres sur la terre de ses parents. Elle avait donc le bronzage équivalent. Elle avait mis ses verres de contacts qui lui donne le pourtour des yeux bleus avec le centre brun. De beaux cheveux bruns aux épaules, réunis de chaque côté de son visage avec un élastique bleu profond. Un gilet rouge ajusté et un pantalon noir soulignant une taille et des hanches sublimes. Une peau lisse et cuivrée, sculptée à la grâce des grecs.

Elle va s'occuper tout l'été de son frère atteint de déficience intellectuelle. Elle n'a pas trouvé de travail pour cet été, refusant de vendre des shooters au bar où elle travaille au vestiaire l'hiver car elle refuse de se montrer le derrière pour faire de l'argent. Elle prendra soin de sa famille. Une perle jalousement gardée par l'huître familiale.

Face à ça, on se sent écrasé, impuissant. L'adoration est la seule attitude possible. Je me sentais envers elle un peu comme se sens Marv envers les femmes dans "Sin City".

"Most people think Marv is crazy. He just had the rotten luck of being born in the wrong century. He'd be right at home on some ancient battlefield swinging an axe into somebody's face. Or in a Roman arena, taking his sword to other gladiators like him. They woulda tossed him girls like Nancy back then."

Je n'ai malgré tout pas pu m'empêcher de l'inviter à aller prendre une bière. Mais elle a esquivé tout en douceur, un peu comme fut écarté, de sur la piste de danse, Raphaël Tisserand dans "L'Extension du domaine de la lutte" de Houellebecq.

"Après le deuxième rock, le disc-jockey enchaîna un slow. C'était "Le Sud" de Nino Ferrer ; un slow magnifique, il faut en convenir. Le métis toucha légèrement l'épaule de la pseudo-Véronique ; d'un commun accord, ils se levèrent. À ce moment, Tisserand se retourna et lui fit face. Il ouvrit les mains, il ouvrit la bouche, mais je ne crois pas qu'il ait eu le temps de parler. Le métis l'écarta calmement, avec douceur, et en quelques secondes ils furent sur la piste de danse."

Une demi-heure seulement qui a filée. Je la grave pour un temps dans ma mémoire, petit soubresaut de beauté, souvenir agréable

3 juin 2005 à 18 h 32  
Blogger Simon said...

(ATTENTION, LE PRÉSENT COMMENTAIRE RÉVÈLE EN PARTIE L'INTRIGUE DES ÉPISODE I, II ET III DE "STAR WARS")

J'ai vu "Star Wars Episode III" hier.

Enfin, la dernière pièce qui manquait à cette fresque étendue sur une trentaine d'années vient d'être posée.

La rennaissance s'est produite en 1999, à cette période de ma vie ou tout était possible. J'étais avec mon ami Sébastien Morasse et on avait dormi en face du cinéma avec la gagne de "geeks" de Chicoutimi, passant la nuit à disséquer, parler, argumenter, finalement vivre ce que nous connaissions de "Star Wars" à l'époque.

Sur l'instant, au visionnement du film, nous étions heureux comme des fumeurs en manque sautant sur leur première cigarette depuis quelques jours d'abstinence. De manière rétrospective, je peux dire aujourd'hui que c'était l'un des plus grand flops de l'histoire du cinéma. Lucas a définitivement abusé du numérique et la forme extraordinaire du film s'est écroulée sous son manque de fond.

Étape suivante : 2002. Mon compaire Morasse refuse de renouer l'expérience. C'est sa période complot mondial/Illuminati/franc-maçons/Lucas-est-crosseur-de-demander-70-%-des-recettes-aux-cinémas-qui-présentent-son-film-et-je-n'encouragerai-pas-un-tel-abus. Je suis extrêmement frustré et fini par écouter le film seul dans un cinéma de Sherbrooke. Je n'arrive toujours pas à vivre mes "trips" seul. Il faut que je puisse partager avec quelqu'un les émotions que je vis dans ces instants. Le drame est qu'il y a très peu de personnes aptes à saisir ce que je veux qu'elles saisissent lors de ces moments et quasiment aucune de disponible à chaque fois.

Lucas semble avoir appris de ses erreurs et le deuxième est vraiment supérieur au premier. L'histoire d'amour est ridicule (mais c'est le propre de "Star Wars". Rapellez-vous la passe du "gentil vaurien" de Hans Solo et Leia dans l'Épisode V) mais l'action est là et les magouilles politiques sont savoureuses.

Finalement, printemps 2005. Un ami de Montréal (qui fait parti du très peu de personnes) a une paire de billet pour la première, mais on se rejoint trop tard. Je vais finalement voir le film avec un autre ami de Québec avec qui je peux partager mes sentiments.

C'est la déchéance totale du Jedi. L'antithèse de l'Episode VI. Énormément d'action, le film pars dans tous les sens. Certains moments sont trop courts à mon goût, mais d'autres sont extraordinaires. Padmé qui prononce une phrase bouleversante au Sénat, à son collègue sénateur : "C'est ainsi que la liberté meurt : sous les applaudissement de la foule" (This is how liberty dies. With thunderous applause). Anakin, les jambes coupées, la peau qui calcine, rampant sur le sol, le feu sur le corps et dans les yeux, qui lance un ultime : "Je vous déteste" vers Obi-Wan. J'en ai encore des frissons et des larmes aux yeux.

30 ans, six films, des milliards de produits dérivés, des millions de dollars perdu en absentéisme de travailleurs nord-américains la journée de la première, des milliers de forums de discussions, c'est un monde entier qui vient d'être achevé.

6 juin 2005 à 14 h 12  
Blogger Simon said...

Salut Temporelo,

J'ai bien aimé ta comparaison avec les siths. C'est la conclusion logique de ton texte. L'un veut éliminer les être corrompus, l'autre veut tout éliminer et recommencer à zéro.

"Seul les siths parlent dans l'absolu"

20 juin 2005 à 16 h 00  
Blogger Simon said...

Pleines d'Abrahams

"Père d'une multitude", voilà comment Yahweh renomma Abram suite à une nouvelle alliance. Et hier soir, les plaines d'Abraham portaient très bien leur nom.

Il y avait du monde partout dans la haute ville hier. De Cartier à Côte d'Abraham, de St-Jean à Grande-Allée, du Vieux-Québec à la Citadelle, de l'avant de l'Assemblée Nationale au Bois de Boulogne, de l'ensemble des Plaines au Concorde, de la rue St-Jean jusqu'à la Citadelle.

"Et, l'ayant conduit dehors, il dit : "Lève ton regard vers le ciel et compte les étoiles, si tu peux les compter." Et il lui dit : "Telle sera ta postérité." Abram eut foi à Yahweh, et Yahweh le lui imputa à justice."
- Genèse (XV, 5-6)

Hier, nous étions là. Descendants spirituels d'Abraham, fraternisants en ce jour de la fête de notre contrée. Des drapeaux bleus partout, les plaines étaient tapissées de fleurs de lys, nous rapellant par cet ancien signe paria nos ancêtres bandits et filles de Roy.

"Sache bien que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera pas à eux ; ils y seront en servitude et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jugerai la nation à laquelle ils auront été asservis, et ensuite ils sortiront avec de grands biens."
- Genèse (XV, 13-14)

Hier, c'était possible. La raison s'était tranquillement endormie aux lueurs baissantes du crépuscule. Le rêve s'est emparé du monde l'espace et le temps d'une nuit, notre nuit...

Je me souviens.

24 juin 2005 à 16 h 16  

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